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Ca y est. On y est. Le match le plus attendu de l’année dans l’hexagone a lieu demain soir pour le compte de la 11ème journée. Le match de l’année ? Peut-être… Mais alors pour combien de temps encore ?

En effet, depuis l’ère QSI, la rivalité sportive entre le PSG  et l’OM est à sens unique. Il n’y a qu’à voir les statistiques pour mieux comprendre. L’OM n’a plus gagné contre son rival depuis le 17 novembre 2011 et une victoire sur le score de 3-0. Depuis, les marseillais ont tout de même réussi à obtenir quelques matchs nuls, mais trop peu pour faire oublier tout le reste.

Alors oui, il n’y a pas que le terrain qui se doit de refléter ce qu’est une rivalité, surtout dans le football. Mais soyons franc, c’est avant tout sur le pré que la bataille doit avoir lieu. Et j’ai comme l’impression que depuis trop longtemps ce n’est plus le cas.

Une rivalité sportive qui se perd…

Pour mieux comprendre ce classique, il faut s’intéresser à ses origines. Tout d’abord, il ne faut pas oublier qu’à la différence de l’OM qui est un « vieux » du foot français ( créé en 1899 ), le PSG est quant à lui un petit nouveau, et a vu le jour en 1970. De ce fait, le premier match disputé entre les deux formations date de la saison 1971-1972 et une victoire 4-2 pour l’OM au stade Vélodrome.

Depuis, cette affiche a toujours suscité beaucoup d’attente au vu de l’importance des deux villes dans le paysage français, et au fil du temps, elle est devenue un rendez vous incontournable pour tout amoureux de football. Au début des années 90, ce sont alors deux équipes de deux villes majeures de France, qui sont sur le devant de la scène nationale et européenne. L’occasion rêvée pour les dirigeants de ces deux clubs de « créer » une rivalité forte, comme il y en avait partout ailleurs en Europe.

Les deux capitaines Safet Susic et Jean-Pierre Papin en 1991.

Une question se pose alors, le classique du football français serait- il en réalité une rivalité montée de toutes pièces à une époque où le football français manquait de têtes d’affiches ? Certainement donc à en croire l’histoire… Mais maintenant que les présentations sont faites, parlons football.

Comment cette rivalité s’est elle exprimée le terrain ?

Dans l’histoire, chaque rencontre disputée entre l’OM et le PSG a donné lieu à un combat féroce sur la pelouse, marqué par un engagement à toute épreuve. Si l’on se fie aux statistiques, le PSG sort plus souvent vainqueur de cette bataille ( 42 victoires contre 32 pour son homologue marseillais ) mais ce chiffre mérite d’être nuancé.

Cette supériorité s’est matérialisée depuis le rachat du PSG en 2010, qui a fait passer le club dans une autre dimension, et qui à totalement déséquilibré cette affiche. En effet, depuis le passage du club de la capitale sous pavillon Qatari, l’affrontement sur la pelouse est trop souvent à sens unique. L’OM essaie de compenser cette infériorité par sa passion, son amour pour le club et la chaleur du vélodrome, mais c’est trop peu pour rééquilibrer la balance. Depuis le rachat de l’OM et l’arrivée de Franck McCourt, et ce malgré les promesses faites, le club à l’étoile n’a jamais vraiment réussi à faire tomber l’ogre parisien. Ce n’est pas Edinson Cavani qui dira le contraire, lui qui d’un coup franc venu d’ailleurs ( et à la dernière minute ) empêcha l’OM de mettre à terre le grand PSG un soir d’octobre 2017.

De nombreux exemples pourraient appuyer ce constat selon lequel la rivalité sportive entre l’OM et le PSG se perd de plus en plus au fil des années… Et le plus inquiétant dans tout cela ? Il est difficile d’imaginer l’OM se rapprocher suffisamment du PSG pour le faire douter dans les prochaines années…

Une rivalité virtuelle ?

Une impression se dégage alors de plus en plus lorsque qu’il s’agit d’évoquer le « classique » du football français. En effet, il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour s’apercevoir de l’engouement que suscite cette rencontre. A peine la date du match fixée, le rendez vous est pris et les supporters des deux camps rentrent déjà dans une guerre d’égo. Qui est le plus fort ? Qui a le meilleur joueur ? Qui a le plus beau stade ? La plus belle ambiance ?

A ce niveau là, il est exact d’affirmer qu’un OM-PSG émerveille et donne place à un véritable spectacle virtuel. A défaut d’être sur le terrain me diriez-vous. Certes, mais tout cet avant-match a un charme particulier qui rend cette rencontre si spéciale, à la fois aux yeux des supporters, mais également a ceux du public. Ce serait trop réducteur donc de limiter cette affiche au simple aspect sportif.

Il n’y a qu’à voir également les moyens qui sont mis en place pour sublimer et rendre un simple match de foot en un véritable show. La ferveur du Vélodrome ou encore la magie du Parc des Princes, tout y est. Mais ne serait-on pas tombé dans une simple rivalité entre les deux plus grandes villes de France simplement illustrée à travers le football ?Dans ce sens là, l’enjeu sportif se retrouverait au second plan. L’objectif serait alors pour chaque ville de démontrer sa supériorité. C’est alors le SUD contre le NORD et l’oppositions de deux cadres géographiques, culturelles ou sociologiques différents. C’est la province contre la capitale diront certains. Chacun s’efforce de défendre son territoire avec ses armes et le fait avec fierté.

Mais un clasico ne doit-il pas représenter l’affiche phare d’une saison ? Qui dit affiche phare, dit enjeu extrême, dit suprématie territoriale ou nationale, dit tension sur la pelouse…. Et à ce niveau là peut-on réellement affirmer qu’il n’existe pas d’autres matchs en Ligue1 qui répondraient d’avantages à ces exigences ? Un derby OL-ASSE ne serait-il pas plus apte à devenir LE match de l’année ? Ou encore un Olympico OM-OL ?

Le Classique, ou l’assurance d’une affiche à guichet fermé.

En tout cas, le PSG-OM n’offre plus suffisamment de garanties pour prétendre être la tête d’affiche de notre Ligue1. Seul le terrain nous dira si cette situation est partie pour durer ou non…

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