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Si au Parc des Princes, les membres du Collectif Ultras Parisien (CUP) chantent comme un seul homme à chaque rencontre dans les travées d’Auteuil, il en est tout autrement pour son voisin d’en face Boulogne. Depuis presque dix ans, le virage sonne creux malgré quelques ultras disparates qui tentent de lui redonner vie depuis l’interdiction de rassemblement émise par le PSG.

Retour sur les différents conflits ayant opposés les ultras et la direction du club dans son histoire récente.

Le plan Leproux

Pour comprendre l’origine du problème entre les Ultras et la direction du PSG, il nous faut faire un bond dans le temps.

Le 28 février 2010, Le Paris-Saint-Germain reçoit l’Olympique de Marseille dans un Clasico bouillant au Parc des Princes. Le match se soldera par une lourde défaite des parisiens (0-3), ce qui est un véritable affront pour les supporters.

Les choses n’en resteront pas là car malheureusement, aux abord du Parc des Princes, un violent affrontement éclate entre les membres d’Auteuil et de Boulogne. Celui-ci entrainera la mort tragique d’un supporter parisien. Ce n’est pas le premier drame de ce genre car 4 ans auparavant, c’était un autre fan qui perdait la vie après une rencontre contre l’Apoël Tel-Aviv en coupe de l’UEFA.

Suite à cet incident survenu en 2010, Robin Leproux, le président de l’époque dit STOP et met en place son plan d’action plus communément appelé « Plan Leproux ». 

Les principales mesures prises par l’ancien président sont :

  • Supprimer les abonnements en tribune Auteuil & Boulogne
  • Attribuer des places aléatoires dans les parties basses de ces tribunes afin d’éviter les rassemblements d’ultras (de ce fait un abonné d’Auteuil pouvait se retrouver à Boulogne et inversement)
  • Dissoudre plusieurs associations de supporters

  •  Mettre en place une tribune famille

Toutes ces actions ont eu pour but de « pacifier et restaurer » l’image d’un PSG qui s’était détériorée à l’époque tant sur le plan sportif qu’extra-sportif. L’objectif annoncé était de mettre fin aux multiples débordements de supporters.

Les 12 000 abonnés victimes de cette mesure n’ont pas tardé à manifester leur mécontentement. Après plusieurs manifestations aux abords du Parc des Princes, le 16 mai 2010 (lors de la dernière journée de championnat), les ultras du PSG refusent de quitter les tribunes à l’issue du match et pendant deux longues heures ils entonneront des chants tels que « Le parc est à nous », suivi de plusieurs craquages de fumigènes.

Un passé qui ne plaide pas en faveur des ultras de Boulogne…

Sept ans plus tard, en 2017, après des négociations acharnées avec la direction du PSG, les association d’Auteuil regroupées aujourd’hui sous la bannière du CUP ont été autorisés à se réunir en tribune en signant une convention avec le club permettant leur retour.

Désirant suivre le même exemple que leurs confrères d’Auteuil, les ultras de Boulogne peinent à trouver un terrain d’entente avec le PSG en raison d’un passé qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire du club.

A l’époque, Boulogne suit le modèle anglais hooligan (d’où le nom « Kop of Boulogne ») et comme la coutume le veut, avant chaque rencontre a lieu la traditionnelle bagarre d’avant match.

Banderole du Kop of Boulogne en 2008

Lorsque la jeunesse nationaliste et révolutionnaire intègre le KOB, les idées de ce parti très proche de l’extrême droite s’empare des groupes influents de Boulogne, qui se montre dans son ensemble plutôt conservateur et nationaliste, au contraire d’Auteuil qui lui est très cosmopolite.

D’autres problèmes surgissent à l’époque. Lors de certains déplacements, les Boulogne Boys – groupe ultra de Boulogne – profite de certaines situations d’anarchie initiées par le KOB pour vandaliser des stades lors de rencontres à l’extérieur.

Outre les affrontements récurrents à l’extérieur, des guerres fratricides avec son frère ennemi Auteuil n’ont cessé d’émailler l’existence des ultras de Boulogne. Le dernier en date a eu lieu à Bordeaux en 2018.

Souffrant d’une mauvaise réputation, le retour des ultras de Boulogne ne fait pas l’unanimité au club qui émet quelques réticences pour leurs retours en tribune même si des efforts ont été constatés.
La direction est bien consciente qu’avoir une des plus belles ambiances au monde dans son stade favorise la réputation du club. Mais sera-t-elle capable de faire table rase du passé pour réintégrer un collectif brûlant au passé sulfureux ? Réponse dans les mois à venir.

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